02/02/2017

Conseils pour l'épreuve Longue Distance, par Erik Merino (4ème en 2016)

conseils et recommandations Triathlon EDF Alpe d'Huez Longue distance

Notre jeune ami et top athlète Erik Merino (4ème en 2016) a livré sa version de la course au site Planetatriatlon.com ! Si vous cherchez des conseils et de l'inspiration, découvrez son témoignage plein de bon sens et d'amour pour le Triathlon EDF Alpe d'Huez... Longue distance ! (PHOTOS : LAURENT SALINO)

" Pour affronter ce triathlon, en particulier sa partie cycliste et sa course à pied, il est important de mener une préparation spécifique et adaptée au terrain de course. Il est recommandé de programmer des entrainements avec des cols (de "vrais" cols de plus de 10-12km avec un dénivelé moyen supérieur à 6%). Si vous n'avez pas la chance de vivre dans une région montagneuse, profitez au maximum de la moindre côte dont vous disposez. Il est aussi important de vous familiariser avec l'expérience d'une sortie de plus 4 heures : avec une nutrition adéquate, un rythme constant, un travail de descentes et trajectoires, de la souffrance... Il vous faudra faire des intervalles adaptées à votre niveau et à vos objectifs le jour de la course. Travaillez la cadence en montée et faîtes un bon travail de force.

Pour ce qui est de la course à pied, il faut prendre en compte que nous courrons sur asphalte et sur terre avec quelques pierres. Il est important de s'habituer aux deux surfaces et à courir avec du dénivelé. Profitez bien de l'inertie dans les descentes et apprenez à maintenir le bon rythme au moment opportun. Une bonne hydratation est primordiale sur ce secteur, et marquez vous de petits objectifs pour que les 22km répartis en 3 tours de 7km à 1800 mètres d'altitude ne vous paraissent pas si durs.

erik merino alpe du grand serre 2016

Comment se déroule la course ?

À peine sortis des eaux glacées du lac du Verney (précisons que ces dernières années la température a été plutôt généreuse et nous avons pu nager correctement, même si il y a toujours un triathlète qui doit être sorti de l'eau en hypothermie), la transition est assez rapide avec un chemin assez direct et bien protégé par un tapis jusqu'au parc. À ce moment-là, nous courrons à 1000 pulsations / min pour arriver le plus vite possible à notre vélo. Une fois que tout le matériel est prêt, le vrai triathlon commence.

Le parcours cycliste est long de 120km et comprend 3 cols avec un dénivelé positif final de 3000 mètres. Cela commence dès que nous nous mettons en selle, avec une rampe d'environ 150 mètres à 10-12%... Une bonne mise en jambes, comme vous pouvez l'imaginez. Attention à bien ajuster vos chaussures, avant ou après cette rampe. Préparez bien votre coup pour perdre le moins de temps possible. Durant quelques kilomètres nous faisons le tour du Lac, dans lequel on peut observer les triathlètes qui nagent encore.

Au 4ème kilomètre, 2 lacets sont à descendre le long du barrage. Il faut faire attention si le sol est mouillé. À partir de là et jusqu'à l'Alpe du Grand Serre (1375m), le premier col, nous avons 30km de faux plat descendant dont la principale difficulté sont les bandes rugueuses à éviter dans les villages traversés. Rappelez-vous que le trafic est ouvert et il est important de circuler à droite et d'être respectueux du drafting. Il faudra trouver son rythme sur ce secteur où l'on monte en température progressivement. Le premier col de la journée est long de 14,94km à 6% de pente moyenne. C'est la difficulté la plus longue mais aussi la plus régulière de la course. Le grand point positif de cette ascension : la route est à l'ombre, abritée par les arbres. On ne sort de la forêt que lors du dernier kilomètre ce qui nous permet de visualiser vraiment où nous sommes (une vallée d'où démarrent les pistes de ski de la station de l'Alpe du Grand Serre. Au sommet nous attend le premier ravitaillement avant d'entamer une courte mais intense descente avec quelques épingles un peu soudaines où nous arrivons à grande vitesse (+75km/h).

21 virages alpe d'huez

Après quelques kilomètres commence un secteur de petites montées et descentes jusqu'au col suivant (cette partie est inédite depuis l'édition 2016). Il s'agit d'une côte de 3 ou 4 km à 5-7% qui se révèle assez facile (zone de Valbonnais). Une fois au sommet vient le segment le plus plat de toute la course, 20km de voie rapide et favorable pour atteindre le Col d'Ornon. Si vous avez le temps jetez un oeil sur votre gauche : vous découvrirez un paysage spectaculaire avec une imposante montagne, une magnifique forêt et de fines cascades qui tombent sur la pierre. Ornon est un col très progressif dont les premiers kilomètres montent très légèrement mais avec un peu de force cela passe avec le grand plateau et en position aérodynamique. Ce n'est qu'à 5km du sommet que la difficulté commence et la pente se maintient à environ 8%. Une fois en haut (1371m) nous trouvons un grand ravitaillement avant une longue descente, technique, rapide et périlleuse jusqu'à la vallée de l'Oisans. Encore un segment plat de 10km et nous voici au pied de la dernière grande ascension de la journée : l'Alpe d'Huez. 14km, 21 virages et une pente moyenne de 8,1%. La principale difficulté réside dans les trois premiers kilomètres et la chaleur. Profitez de la vue durant la montée car elle en vaut la peine, donnant l'impression d'escalader littéralement la montagne et que chaque coup de pédale vous fait prendre de la hauteur. Les deux derniers kilomètres sont assez exigeants mais c'est le moment de tout donner car... la transition est toute proche ! Le parc sur le terrain de football de l'alpe d'Huez à 1800m d'altitude est joli, pratique et bien organisé.

Les premières foulées après le vélo sont douloureuses et sur ce triathlon plus encore. Nous avons déjà 5 heures de course dans les jambes et il reste encore un bon moment à passer. Il est important pour chacun de commencer à courir selon ses propres sensations, sans se baser sur les indications de la montre (cela ne sert à rien ici). Le corps marquera le rythme et le mental doit le gérer à la perfection. Chaque effort, chaque foulée et mouvement doit être efficace. Je conseille d'effectuer le premier tour tranquillement, reconnaitre une boucle en entier si c'est votre première fois, et seulement à partir de là (si vous en avez encore la force, car c'est facile à écrire mais la réalité est bien différente) donnez tout ce que vous pouvez mais en prenant un maximum de plaisir. Vous n'aurez pas tous les jours la chance de courir dans un endroit comme l'Alpe d'Huez. Je suis sûr que vous serez plus d'un à maudire ce mythe et ses montées, mais croyez-moi, quand vous franchirez la ligne et penserez à tous les efforts réalisés pour en arriver là, cela aura valu la peine."

Note : merci à Planetatriatlon.com de nous avoir concédé cet article

 



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