23/07/2017

Quand un grimpeur vous explique comment dompter l'Alpe d'Huez. Eric Boyer, de TIME, vous raconte la mythique ascension.

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Nous y voici. La 12ème édition du Triathlon de l’Alpe d’Huez est sur le point de débuter. Le bon moment pour s’échapper un moment en compagnie d’un grimpeur d’exception, vainqueur de trois étapes sur le Giro, avec 8 participations au Tour de France. Mais avant tout, Eric Boyer est un passionné de cyclisme et de l’Alpe d’Huez. Aujourd’hui Directeur des compétitions et du marketing sportif chez notre partenaire TIME, il revient sur sa relation aux 21 virages mythiques, nous livrent quelques anecdotes et vous offrent 3 bons conseils !

Les conseils d’Eric Boyer pour la montée de l’Alpe d’Huez :

1)    Il ne faut pas aller trop vite dans les premiers lacets. La pente doit permettre à chacun de trouver son rythme. Trop en faire dans la première partie peut gâcher le reste de l’ascension. En revanche, à partir d’Huez, vous pouvez vous permettre d’accélérer. D’ailleurs, 1 500 mètres avant la transition, n’hésitez pas à tout donner, car l’arrivée dans l’Alpe d’Huez est relativement facile.

2)    Profitez du plat dans les virages et de ces quelques mètres de répit. Il ne faut pas accélérer, sinon conserver le même braquet et souffler un bon coup.

3)    Sur le Triathlon L surtout, vous devez arrivés au pied de l’Alpe d’Huez déjà bien alimentés et hydratés. Bien entendu, vous pourrez aussi vous ravitailler durant l’ascension mais le « gros » du travail d’alimentation doit impérativement être fait avant.

Retrouvez notre partenaire TIME sur le village Expo 2017. Avec un peu de chance, vous y croiserez Eric Boyer. N’hésitez pas à évoquer la course et lui demander conseil… et surtout : profitez du test gratuit du TIME Scylon sur le circuit TIME Experience.

Eric Boyer et l’Alpe d’Huez

« Mes premiers souvenirs de l’Alpe d’Huez remontent à la fin des années 70, lorsque j’étais ado. J’avais découvert le Tour en 75 et j’aimais camper sur les étapes, la veille du passage de la course. Je me rappelle avoir été marqué par le visage des cyclistes, sur lesquels on pouvait lire la fatigue et l’intensité du moment. Il y avait pas mal d’émotion. À l’époque, l’ascension était déjà très propre, avec une route large. C’était très agréable. Tout le monde y trouvait son compte et il y avait une belle harmonie entre les coureurs et le public. Les hollandais avaient déjà investi Huez, au milieu de la montée. Ce n’est pas un hasard, car à ce moment précis de l’ascension, les meilleurs sont déjà devant car la sélection est déjà faite après les rampes les plus dures dans les premiers kilomètres. C’est aussi un endroit important, car on commence à deviner le sommet et à avoir des repères visuels. Il faut se rappeler qu’avant, les équipes n’avaient pas les moyens d’aujourd’hui pour organiser des stages et reconnaitre les étapes. Beaucoup de coureurs du Tour de France montaient l’Alpe d’Huez pour la première fois. Le fait de numéroter les virages a également contribué à convertir cette ascension en temple du cyclisme.

Je me rappelle de beaux moments comme spectateur. Par exemple, lorsque le champion de Belgique Paul Wellens a complètement craqué dans la montée, tellement épuisé qu’il s’est arrêté, s’appuyant sur un mur avec la main. Il est resté là, en selle et immobile, incapable de se libérer des courroies de ses pédales jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. J’ai également assisté à l’incroyable duel entre Peter Winnen et Jean-René Bernaudeau en 1983. Ce dernier était théoriquement plus rapide au sprint mais après un sprint dantesque c’est finalement le hollandais qui gagna l’étape pour quelques millimètres. Bref, il se passe toujours quelque chose à l’Alpe d’Huez, sans doute du fait que ce soit toujours l’arrivée d’une longue étape.

En 84, j’ai aussi assisté à la première victoire de Laurent Fignon, dès son premier Tour de France. À l’Alpe d’Huez, alors vêtu de son maillot blanc de meilleur jeune, il avait pris le jaune à Vincent Barteau. Deux mois plus tard, je signais dans leur équipe. Mais je n’ai débuté sur le Tour qu’en 86, grimpant l’Alpe d’Huez pour la première fois. Je suis passé de fan à acteur en deux ans. Lors de ce baptême, je suis monté au sein du grupetto et au fil de l’ascension je me suis rappelé tous ces endroits où j’étais venu assister au Tour il n’y avait pas si longtemps. En 88, comme un symbole, j’ai fait 8ème à l’Alpe d’Huez aux côtés d’un certain… Peter Winnen ! Je le bats au sprint mais je crois que pour lui l’enjeu n’était pas le même ! En 90, ce fût un autre grand souvenir, lorsque nous avons fait un grand travail de sape dans l’Alpe d’Huez, au profit de notre leader Greg Lemond, afin de prendre le jaune à Claudio Chiappucci. Et puis, en 92, je provoque la bonne échappée dans la Croix de Fer, nous arrivons à six pour la victoire mais je finis troisième. Je n’ai pas de regret, même si bien-sûr gagner à l’Alpe d’Huez était un rêve.

Il y a toujours eu des cols de légende sur le Tour de France, mais pas d’arrivées mythiques en altitude, avant l’Alpe d’Huez. Même Pra-Loup, après l’affrontement entre Merckx et Thévenet, n’a pas pris une telle dimension. Je crois que les gens de l’Alpe d’Huez ont vite compris qu’il y avait un coup marketing à jouer pour la promotion de la station, et ils en ont profité. Plus tard, après être passé durant des années tous les étés à l’Alpe d’Huez, on a vraiment ressenti un manque lorsque le Tour ne s’y est pas arrêté. Je crois qu’à partir d’un certain moment, l’histoire est écrite et s’entretient d’elle-même. Pour nous, dans le peloton, l’Alpe d’Huez, c’était la Mecque. »



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