Et de trois ! Nous restons à l’Alpe d’Huez pour la troisième rencontre ‘Behind the Scenes’, avec l’interview de Pierre-Alain Bonsacquet, un fidèle parmi les fidèles de l’organisation du Triathlon de l’Alpe d’Huez. Le responsable de la course à pied a vécu toute l’histoire de l’épreuve, et partage son regard de triathlète passionné sur la course.

 

Qui es-tu ? 

Je m’appelle Pierre-Alain Bonsacquet, mais dans le monde du triathlon, on me surnomme ‘Bilbo’, d’après Bilbon Sacquet, le personnage de Tolkien dans ‘The Hobbit’. Je suis un jeune de 45 ans originaire de Besançon. Je me suis fait adopter définitivement par les huizats il y a deux ans et j’exerce le métier de technicien de maintenance à l’Hôtel Résidence Daria I Nor à l’Alpe d’Huez. Triathlète depuis 2005 sur toutes distances, j’ai participé six fois à des épreuves Challenge sur distance Ironman (5 fois Roth / 1 fois Barcelone).

 

Combien d’éditions du Triathlon de l’Alpe d’Huez as-tu vécu ?

Pour être certain de ne pas en oublier, je suis de l’aventure depuis la première édition, j’ai donc 14 éditions au compteur. J’ai également pris le départ à trois reprises du Triathlon de l’Alpe d’Huez, sur la distance M.

 

Comment en es-tu arrivé à faire partie de l’aventure ?

Mon histoire avec cette épreuve est le fruit de la rencontre avec Cyrille Neveu sur l’Embrunman en 2004, de ces quelques échanges en toute simplicité entre ce Champion du Monde de Triathlon et le triathlète novice que j’étais. Une visite à l’Alpe d’Huez avec un accueil chaleureux, une nuit passée chez la famille Neveu et voici comment 15 ans plus tard, je suis toujours un fidèle bénévole mais aussi ami de Laurence et Cyrille, ainsi que résident permanent à l’Alpe d’Huez.

 

Quelle est ta fonction dans l’évènement ? 

Depuis quelques années, Laurence et Cyrille m’ont confié la gestion du parcours de course à pied. Cette mission consiste en amont de l’épreuve, à mettre en place tout le balisage (fléchage, bornes kilométriques, banderolage, demi-tour). Le jour de la course, mon équipe assure en priorité la sécurité, sur les passages les plus problématiques (le rond-point de l’Europe à la sortie du parc à vélos par exemple), et je dois m’assurer du bon fonctionnement global du parcours long de 6,5km. Des vététistes assurent les ouvertures de course des trois premiers hommes et femmes.

Le bon côté de mon poste réside dans ma présence au cœur de la course qui me permet de vivre la compétition au plus près. La sécurité des spectateurs et des coureurs étant primordiale, il faut être très concentré lors des trois courses.

 

Quel est ton meilleur souvenir de l’évènement ? 

Vous imaginez qu’en 14 années, les bons souvenirs sont nombreux et il est complexe d’en choisir un. Au-delà de la satisfaction de contribuer au bonheur des participants et de la convivialité partagée avec les nombreux bénévoles rencontrés, je privilégierai un moment particulier que j’ai fortement apprécié. Lors de la victoire de Victor Del Corral sous des trombes d’eau et dans le froid en 2011, j’ai eu la chance d’ouvrir la course à pied en VTT. Dès la ligne d’arrivée franchie en vainqueur, il est venu spontanément me tomber dans les bras pour me remercier de l’avoir encouragé lors des 21 kilomètres. Cet instant de partage avec un grand nom du Triathlon m’a fait plaisir.

 

As-tu une anecdote à partager ?

J’en ai une assez personnelle. Comme pour les bons souvenirs, quatorze éditions permettraient l’écriture d’un imposant recueil. Avant de bénéficier d’une équipe de quatre bénévoles à temps plein durant l’événement pour la course à pied, je remplissais seul ma mission. Cela m’a occasionné quelques frayeurs lors d’une édition où je me suis retrouvé à mettre en place in extremis le demi-tour au lieu-dit ‘la Pierre Ronde’ sur la route de Sarenne, alors que le premier coureur arrivait avec la moto assurant le retransmission TV. Apercevant le coureur à cent mètres, je me suis empressé de disposer la tente servant de référence mais pour éviter d’être filmé, je ne l’ai pas dressée et suis resté recroquevillé dessous lors du passage du coureur. Aujourd’hui, nous avons beaucoup progressé dans nos plannings !

 

De ton point de vue, depuis le cœur de l’organisation et avec ton expérience, qu’est-ce qui caractérise l’évènement ?

Ce que j’apprécie, c’est l’esprit convivial qui ressort sur un triathlon d’envergure internationale où des triathlètes de très haut niveau partagent leur passion avec tous les participants en toute simplicité.

 

Si tu pouvais, que changerais-tu dans l’organisation ou le programme des courses ?

Ayant eu la chance de participer au Challenge Roth où l’ambiance est tout simplement énorme sur l’ensemble du parcours, je rêverais de créer deux spots sur le parcours de course à pied où se masseraient des centaines de spectateurs pour mettre le feu et porter les coureurs dans leur effort.

 

Où seras-tu et que feras-tu le 30 Juillet 2020, date originale du Triathlon L ?

J’aurai la chance d’être à l’Alpe d’Huez, puisque j’y réside. Je serai en compagnie de la famille Neveu et de quelques bénévoles présents malgré l’annulation de la course. Nous en profiterons évidemment pour faire malgré tout la fête en petit comité et reconnaître tous les parcours et sites de course que certains ne connaissent pas. Nous préparerons d’ores et déjà la 15ème édition qui s’annonce encore plus forte.

 

Pierre Alain Bonsacquet