LEGENDARY PEOPLE : Léa Riccoboni

Lors de la 15ème édition, elle nous a surpris, par son énorme sourire autant que par son top 10 sur le Triathlon L (première groupe d’âge). Nous avons voulu en découvrir un peu plus sur Léa Riccoboni, une triathlète « du terroir » pleine de surprises. Nouvelle rencontre au sommet pour ce deuxième volet de « LEGENDARY PEOPLE ».

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Léa, qui es-tu ?

J’ai 27 ans. Je suis native de Bourg d’Oisans. Ma famille y évolue depuis près de 30ans. Mes deux parents travaillent à l’Alpe d’Huez et sont très impliqués dans la vie de la station. Jusqu’en 2021, j’étais Business Advisor dans une entreprise similaire à Groupon au Panama où je vivais depuis 2018. Je viens de m’installer au Chili et j’ai décidé de me consacrer désormais au sport.

Tu aimerais devenir triathlète professionnelle ?

Pour l’instant, je n’ai pas l’intention de devenir professionnelle. J’ai finalement encore peu d’expérience en tant que Triathlète (2ans et demi) et j’aimerais découvrir la distance complète (Full Ironman) en tant qu’AG. En Amérique du Sud, c’est aussi plus facile de tirer profit des réseaux sociaux qui fonctionnent un peu différemment en étant AG et ainsi trouver du soutien.

Avec le recul, je me rends compte que j’avais davantage de disposition pour le ski de fond que pour le ski alpin !

Comment as-tu débuté le sport ?

Le sport a commencé très tôt pour moi et j’ai toujours été très compétitive. J’ai marché à 9 mois et à 18 mois mon Papa me mettait sur des skis. Ma spécialité était le slalom spécial et j’ai intégré le pôle Espoir de Villard-de-Lans à 15 ans. À 17 ans, faute de résultats encourageants, j’ai décidé de me concentrer pleinement sur mes études. Je suis quand même  devenue monitrice de ski : C’était aussi une façon de maintenir mon lien avec l’Alpe d’Huez, Après une classe prépa à Grenoble, je suis partie étudier à SKEMA Business School à Lille. Je me suis mise à courir, toute seule. C’est devenu ma façon de me retrouver seule avec moi-même et de m’évader. J’ai fini par m’inscrire au semi-marathon de Beaunes, ma première compétition de course à pied. Avec le recul, je me rends compte que j’avais davantage de disposition pour le ski de fond que pour le ski alpin !

Crédit : Nils Moignard

Et le triathlon ?

Entre mes deux années de Masters, durant mon « Gap Year », j’ai fait un stage chez Adidas en Allemagne puis au Panama. J’y ai rencontré mon conjoint actuel. Je suis revenue finir mon Master en Europe puis en 2018, retour au Panama pour m’y installer avec Luis. Quand j’ai intégré Adidas, ma passion pour le running s’est accentuée. Je me suis éclatée. Au Panama, j’ai intégré le groupe Adidas Runners. C’est un petit pays, mais avec une bonne culture sportive. Luis qui était un grand fan de vélo fini par me proposer de participer à une course cycliste de 120km, « Ocean to Ocean », qui relie l’Atlantique au Pacifique. J’ai accepté, mais à la base, je n’aimais pas du tout le cyclisme ! Je n’ai jamais aimé ça, ce qui est un comble, venant de Bourg d’Oisans. Il m’a trouvé un vélo mais avec des pédales automatiques et j’ai participé avec des chaussures normales ! J’ai vite progressé puis début 2019, il m’a demandé si je savais nager. J’ai découvert ainsi le triathlon, et l’addiction fût immédiate. Le premier gros objectif a été l’Ironman 70.3 de Cartagena. Deux mois avant, nous avons décidé d’intégrer une équipe de triathlon, avec un coach… une vraie découverte. J’ai terminé en 5h02, en 3ème position de mon groupe 25-29, en très mauvais état et complètement déshydratée. Mais j’ai décroché mon slot pour les mondiaux de Taupo (Nouvelle-Zélande). C’est alors que la pandémie a explosé.

Comment as-tu vécu cette crise depuis l’Amérique du Sud ?

Au Panama, nous avons été soumis à l’un des confinements les plus durs au monde. Nous sommes restés sept mois enfermés. Heureusement, il y avait Zwift ! Cela m’a sauvé la vie. J’ai participé à des courses virtuelles mais j’ai aussi découvert comment utiliser les watts. Autre point positif de cette situation : j’ai pu développer mon profil sur les réseaux sociaux. En sortant du confinement, j’ai intégré une équipe cycliste avec laquelle nous avons remporté le Tour de Panama. C’est là que j’ai pris conscience de mes dons de grimpeuse !

Et donc l’idée t’est venue de venir taquiner les 21 virages ?

En fait, lors de ma préparation pour l’Ironman 70.3 de Saint George, j’ai changé d’entraineur. Dans mon planning, j’ai décidé d’intégrer le Triathlon de l’Alpe d’Huez, qui m’avait toujours semblé une course complètement inaccessible. Nous nous sommes inscrits tardivement avec Luis, en Mars. Je me rappelle quand j’ai annoncé ma participation à toute ma famille. J’étais hyper heureuse. Avant de venir en France, j’ai grimpé l’Alto de Letras, en Colombie, un col de 80km avec plus de 3800 mètres de dénivelé positif, et j’ai pris part à un challenge de VTT au Pérou long de 160km avec 3200 mètres de dénivelé positif. Bref, j’étais préparée !

Léa Riccoboni cycling Triathlon Alpe d'Huez
Crédit : Nils Moignard

Tu as décroché un top 10 sur le Triathlon de l’Alpe d’Huez dès ta première participation. Comment s’est déroulée la course ?

La course s’est super bien passée. Je voulais que mes proches y assistent et me découvrent comme Triathlète. L’événement s’est converti en réunion familiale ! Mes deux grand-mères sont venues. Nous étions sur Bourg d’Oisans en mode training camp, tout le monde prenait soin de nous. Nous avions peur de la natation à cause de la température de l’eau. Pour l’anecdote, c’était ma première course avec une combinaison. Au Panama, je l’avais testée en piscine mais la chaleur était insupportable. Je suis sortie 12ème de l’eau, cela commençait très bien.

J’avais décidé d’utiliser un vélo de route avec des barres aéro. J’ai essayé de rester concentrée sur les watts et ma cadence de pédalage. Je me suis bien appliquée dans la gestion de ma nutrition, en mangeant du solide régulièrement. Tout s’est bien déroulé jusqu’à l’Alpe d’Huez. Là, c’est devenu très dur. Ce n’était que la troisième fois que je montais les 21 virages à vélo ! Mentalement, ce fût compliqué. Quand tu connais très bien un parcours, cela peut être positif pour la gestion de l’effort, mais tu sais aussi parfaitement ce qu’il te reste à gravir.. Ça a été le moment le plus dur mais peut-être aussi le plus beau. L’arrivée dans la station a été très émouvante avec tous les encouragements, mais j’avais hâte de descendre du vélo. J’ai explosé de joie en T2.

Sur la course à pied, nous n’avons jamais pu nous croiser avec Luis. C’était frustrant. Mais il y avait beaucoup d’encouragements sur le parcours ! J’ai plutôt bien abordé les descentes. D’ailleurs, pour m’aider mentalement, je m’étais fixé le km 16 comme arrivée mentale, avant la descente finale.

En conclusion, je dirai que cela a été la course la plus difficile de toutes celles auxquelles j’ai participé mais aussi la plus belle !

La question classique : reviendras-tu ?

Sûrement! Mais c’est un long voyage depuis Santiago du Chili. Pour l’instant, je continue de progresser. Deux mois après l’Alpe d’Huez, j’ai terminé 3ème dans ma catégorie 25-29 los des Championnats du Monde 70.3 à Saint George et j’ai surtout fait la différence à vélo d’ailleurs. Mon expérience à L’Alpe y a certainement participé ! Dernièrement, j’ai remporté l’Ironman 70.3 Panama en 4H33, et mon prochain rêve est de me qualifier pour Kona en 2023…

Léa Riccoboni

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Triathlon de l’Alpe d’Huez
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