Pour l’équipe du Triathlon de l’Alpe d’Huez, c’est Noël avant l’heure ! Scott Molina, légende de notre sport, sera sur la ligne de départ du Triathlon L 2024. Le triathlète américain, membre du mythique « Big four », nous fait l’honneur de sa participation. Âgé de 63 ans et résidant en Nouvelle-Zélande, le vainqueur de l’IM d’Hawaï 1988 nous raconte sa passion pour le triathlon (et les dénivelés positifs) et partage quelques croustillants souvenirs de son expérience en France.
Quelle est ta situation actuelle et quelle est ta relation avec le monde du triathlon ?
J’aime toujours ce sport et je le suis de près. Ma propre routine d’exercice est assez complète pour un vieil homme qui ne participe plus à des courses.
Je reste actif :
– je nage 5 fois par semaine la plupart du temps, ce qui représente un total de 13 à 20 km par semaine, dont environ la moitié avec d’autres personnes, avec beaucoup d’efforts sur la qualité.
– j’ai une salle de sport à domicile que j’utilise 5-6x/semaine, soit 40-70 minutes par séance, en travaillant chaque muscle de mon corps 2x/semaine, ainsi que des étirements, des trucs d’entretien du corps comme le foam rolling, etc.
– je fais du vélo 2-5x/semaine pour un total de 100-400km/semaine, la plupart du temps facile ! Je passe aussi beaucoup de temps à Noosa, en Australie, et à Boulder, dans le Colorado, où les conditions sont fantastiques pour le cyclisme.
– j’ai arrêté de courir pendant presque trois ans à cause d’un genou gauche très usé. Si je ne cours pas, mon genou est content ! Je vais donc essayer de trouver un moyen de m’entraîner un minimum à pied pour pouvoir participer au Triathlon de l’Alpe d’Huez en juillet. Nous verrons bien !
– autres activités physiques : beaucoup de jardinage, de la randonnée et du kayak. Je mène une vie très physique.
– Triathlon coaching : j’entraîne encore un peu en ligne mais aussi quelques athlètes ici à Christchurch. J’aime toujours cela.
Quand as-tu entendu parler pour la première fois du Triathlon de l'Alpe d'Huez ? As-tu déjà escaladé les 21 virages ?
J’ai participé à l’Iron Tour une fois. Je crois que c’était en 1994 et c’était avant que le Triathlon de l’Alpe d’Huez n’apparaisse. Cette semaine-là a été une merveilleuse aventure et j’ai eu beaucoup de plaisir à la vivre en équipe avec mes amis. La course que j’ai faite se terminait par la dernière étape qui montait à l’Alpe d’Huez et par une course à pied dans le village. J’ai chuté assez violemment lors de l’étape en descendant de Vaujany et j’ai dû attendre longtemps pour changer de roue car j’utilisais à l’époque des roues 650c sur un vélo Quintanaroo. Donc, bien que mon temps global ce jour-là soit nul, j’ai signé la course à pied la plus rapide de la journée et c’est la seule fois de ma vie où j’ai battu Simon Lessing. J’ai tellement de bons souvenirs de ce voyage.

Tu es déjà inscrit à la 18e édition de notre principal événement, le Triathlon L. Pourrais-tu nous expliquer le contexte de votre participation ? Tu viens avec un groupe d'athlètes ou tu organises un voyage sportif en Europe ?
Le voyage auquel je participe est organisé par mon ami de longue date John Newsom, qui a repris l’entreprise Epic Camp (https://www.epiccamp.com) que mon ami Gordo Byrn et moi-même avions lancée en 2003. John avait l’habitude de courir en France il y a de nombreuses années sur le circuit français de triathlon et a déjà organisé des camps d’entraînement en France.
Pour ce camp de triathlon en 2024, qui comprendra le Triathlon de l’Alpe d’Huez, nous serons rejoints par beaucoup de mes vieux amis venus du monde entier qui ont participé aux précédents Epic Camps, c’est donc un peu comme une réunion et j’ai vraiment hâte d’y être. Je prévois d’être en forme pour cela.

Tu vis en Nouvelle-Zélande. Quelle est la culture du triathlon de montagne là-bas ? Est-elle très différente de celle de l'Europe ? Et que représente l'Alpe d'Huez en Nouvelle-Zélande ?
Ici, tout le monde connaît l’Alpe d’Huez. Nous avons une très forte culture du cyclisme en Nouvelle-Zélande – les cyclistes professionnels néo-zélandais qui participent au World Tour sont très suivis ici. Nous n’avons pas beaucoup de routes de montagne à parcourir en Nouvelle-Zélande, mais toutes les meilleures se trouvent dans l’île du Sud et je les emprunte toutes. Il y avait autrefois des triathlons très exigeants sur des parcours vélo très durs, mais ils ont tous disparu, principalement parce qu’ils étaient trop durs justement ! Il semble que les parcours de triathlon soient aujourd’hui principalement conçus pour les triathlètes qui ne sont pas en très bonne forme physique. Mais nous avons ici des événements multisports extraordinaires qui font la part belle à nos montagnes.
Nous te connaissons en tant que membre du BIG FOUR, vainqueur à Kona et également vainqueur de l'Embrunman (le seul triathlète américain à avoir gagné à Embrun). On imagine que tu as de sérieux talents de grimpeur. Peux-tu nous parler de ton expérience cycliste et de ton profil en général ?
J’ai toujours aimé grimper sur mon vélo dès le premier jour, en 1979. J’étais un assez bon coureur à l’école et j’ai même pris goût aux montées en course à pied. J’ai déménagé à San Diego en 1982 pour poursuivre mes rêves de triathlon et j’ai roulé dans les montagnes où j’ai commencé à m’épanouir. J’ai franchi une étape supplémentaire en déménageant en altitude à Boulder, dans le Colorado, en 1985. J’ai participé au tout premier triathlon de Nice en 1982 et c’est là que je suis vraiment tombé amoureux de la montagne. J’ai toujours excellé dans les triathlons qui comportaient du dénivelé et je les ai toujours recherchés. Nous avions un triathlon fabuleux à Lake Tahoe dans les années 80, appelé « The World’s Toughest Triathlon » et j’ai été très triste quand il a disparu. Lorsque j’ai entendu parler de l’EmbrunMan, j’ai su que je le ferais un jour et j’ai dû trouver un moyen de l’intégrer dans mon programme. J’ai également participé au triathlon ITU Olympic Distance à Embrun qui avait un parcours très difficile.

Comment planifies-tu ta préparation pour le Triathlon de l'Alpe d'Huez ? Quels sont tes objectifs ?
Nous passons toujours du temps à Noosa, en Australie, en mai et juin, alors je commencerai à me remettre en forme là-bas, car c’est un endroit fabuleux et chaud pour s’entraîner.
Ensuite, j’irai au Colorado en juin-juillet pour continuer ma préparation. Je prévois donc d’être en bonne forme (pour un vieux monsieur usé) lorsque j’arriverai en France.