Lilian Calmejane : « Le Triathlon de l’Alpe d’Huez s’est naturellement imposé à moi »

Lilian Calmejane, ancien cycliste professionnel, vainqueur d’étape sur le Tour de France, qui a pris sa retraite à l’automne dernier, sera au départ du Triathlon L de l’Alpe d’Huez le mercredi 30 juillet prochain. Interview. (Crédit photos : Getty Images + Legend Wheels)

Après une carrière en cyclisme sur route, tu as décidé de tenter l’aventure du triathlon. Pourquoi un tel choix ?

« Me lancer dans le triathlon me trottait dans la tête depuis quelques temps déjà, même si je n’ai aucune idée de ce qu’est la natation. Les deux sports que j’aime le plus sont le vélo et la course à pied. Je dois avouer qu’une partie de moi-même est complètement addicte au sport. J’ai vraiment besoin de sport dans mon équilibre de vie et de pousser mes limites, que ce soit en termes d’endurance ou de difficulté. Or, combiner le vélo, la course à pied et la natation en une seule épreuve, je pense que cela hausse le triathlon parmi les sports les plus durs. Je n’ai jamais participé à un triathlon, mais l’envie est très forte. L’envie de me transcender et de relever un beau défi, l’envie aussi de découvrir et de progresser à chaque entraînement. Le triathlon me semble être un sport qui ne provoque pas de lassitude et qui permet de se perfectionner de saison en saison. »

Certains triathlètes t’inspirent-ils ou suscitent-ils ton admiration ?

« Bien que je ne sois pas trop dans le milieu du triathlon, j’ai eu l’occasion de suivre et côtoyer certains d’entre eux, notamment Vincent Luis. C’est un garçon qui fait preuve de longévité, ce qui est le paramètre le plus complexe à haut niveau. Il a su rester à haut niveau pendant de nombreuses années et demeurer le meilleur triathlète français sur le format olympique. Je l’admire vraiment pour ça. Au-delà d’être talentueux, il est besogneux. Il est vraiment pour moi l’une des figures emblématiques du triathlon en France et dans le monde. »

Comment as-tu choisi de participer au Triathlon de l’Alpe d’Huez ? Est-ce que la légende des 21 virages a contribué à ton choix ?

« L’Alpe d’Huez, c’est une ascension mythique. Ce triathlon s’est donc naturellement imposé à moi. Je suis très enthousiaste et j’ai hâte d’être sur la ligne de départ. Les souvenirs que je garde des 21 virages, c’est justement que les virages font du bien : il y a un petit replat à chaque fois, puis de nouveau la pente se redresse. C’est une montée assez courte où l’on peut mettre de l’énergie et du rythme sans risquer de prendre un gros coup de bambou. Mais c’est une ascension très difficile car il peut y faire très chaud en été. L’imaginer après la natation et à la fin du parcours vélo, ça va rendre les 21 virages encore plus éprouvants, un peu à l’image d’une arrivée d’étape du Tour de France. Arriver au sommet est toujours une sacrée récompense ! »

Quelles sont tes ambitions pour ta première saison en triathlon ? Quel est ton programme ?

« Je commence la saison avec mes deux premiers Half sur le label Ironman en amateur, puis je basculerai pendant l’été sur des épreuves telles que l’Alpe d’Huez, Gérardmer et le Ventoux Man en catégorie pro. Je ne sais pas encore si j’intègrerai un club, je me laisse du temps pour prendre cette décision. Ma transition du cyclisme au triathlon a déjà commencé avec un calendrier de course à pied conséquent. J’augmente progressivement le volume à pied afin d’éviter les blessures et de travailler mes jambes. Même si les capacités physiques sont là, la course à pied est un sport beaucoup plus traumatisant que le vélo, donc cela reste une discipline plus compliquée pour un cycliste. Dès les beaux jours, je reprendrai le volume à vélo pour maintenir mes points forts. Quant à la natation, je vais essayer d’apprendre a minima, le but étant d’être correct dans l’eau… mais je suis plutôt spécialiste du ventriglisse ! L’objectif sera surtout de survivre à la natation, non sans travailler deux à trois fois par semaine en piscine avec un coach. Mais l’idée est vraiment de prendre du plaisir à faire du sport, comme je l’ai souvent fait, tout en ayant moins de contraintes. »

Tu seras confronté à un effort particulier au Triathlon de l’Alpe d’Huez : un contre-la-montre individuel à vélo de 118 km. Comment appréhendes-tu ce défi inédit ?

« En effet, ce sera un effort complètement inédit pour moi. A l’entraînement, j’ai cependant souvent travaillé avec le vélo de chrono et effectué des sorties qui pouvaient durer jusqu’à 3 heures. En fin de compte, cela correspond quasiment aux durées d’effort sur Half Ironman. Ceci dit, le parcours vélo de l’Alpe d’Huez sera difficilement jouable en 3 heures car, avec ses 118 km, cela donnerait une moyenne de 42 km/h ! Il y aura plutôt 4 heures de vélo et un choix matériel à faire. Faudra-t-il prendre un vélo de route avec prolongateurs ? Un vélo léger, un vélo de triathlon, de chrono ? Des roues pleines ou non ?… Ces choix se feront naturellement le moment venu. J’ai prévu de venir au moins 4 ou 5 jours à l’avance, en famille, pour passer de belles journées à la montagne. J’ai également prévu de faire la montée de l’Alpe avec deux vélos différents, à une puissance bien précise, pour ressentir les différences entre le vélo de triathlon et le vélo de route. Je pense néanmoins que ça pourra valoir le coup d’aménager le vélo de route léger – il pèse 7 kg – avec des prolongateurs. »

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